On se raconte des histoires.

Elles nous rassurent et nous donnent l’impression de contrôler ce qui arrive,
ou du moins, le sentiment de le comprendre.

On cherche des certitudes et, séduits par nos définitions,
on se fabrique un aveuglement qui tient en fragile équilibre.

Face à quelque chose d’étrange, nous exigeons une explication ;
nous essayons de lui trouver sa place, de ranger notre inquiétude…

Confrontés à la feuille vide, nous perdons pied et nous nous cachons
derrière la question de la technique.

C’est par ma pratique du dessin et de la peinture que j’ai réalisé
à quel point il est difficile d’accueillir le mystère de ce qui nous échappe.

C’est par le biais de l’art que j’ai pu aborder mon obsession pour les définitions,
les diagrammes, les codes, les objets…

Mais, le réel a-t-il un mode d’emploi ?
Avons-nous oublié que nous sommes à l’origine de nos propres règles ?

Les conventions et dispositifs qui devraient être à notre service
finissent souvent par nous façonner et délimiter notre champ de l’envisageable.

Pour cela, je m’intéresse aux fabrications humaines,
et à leur influence sur notre rapport au monde et aux autres.

Cartes, robots, dessins, peintures, interfaces numériques, livres, situations, règles de comportement… Je les interroge en cherchant à les rendre malléables et je les utilise pour remettre en question ma pensée et partir à la recherche d’angles morts.

Quelles formes peuvent émerger des interférences entre tous ces registres ?
Comment peut-on jouer avec nos vérités et infiltrer poétiquement nos définitions du monde et de nous mêmes ?

Voilà les questions de fond qui animent mon travail.

Cristina Hoffmann